Accueil > Fiches thématiques > Stupéfiants et médicaments détournés de leurs usages

Stupéfiants et médicaments détournés de leurs usages
(Mise à jour : octobre 2013)

Les effets, les risques et les dangers des drogues ou substances psychoactives varient suivant les produits et l'usage qu'on en fait.
Les raisons de consommer diffèrent selon chaque personne, elles sont liées à son histoire, à son état de santé, à son environnement familial et social.

Que le produit soit licite ou illicite, la communauté scientifique distingue trois types de comportements de consommation dont les risques et les dangers sont différents :

  • l'usage : consommation de substances psychoactives qui n’entraîne ni complications pour la santé, ni troubles du comportement ayant des conséquences nocives pour soi ou pour autrui ;
  • l'usage nocif : consommation qui, même sans dépendance, provoque des dommages physiques, affectifs, psychologiques ou sociaux pour le consommateur, ses proches ou son environnement ;
  • la dépendance : lorsque la personne ne peut plus se passer de consommer, sous peine de souffrances physiques et/ou psychiques. Sa vie quotidienne tourne largement ou exclusivement autour de la recherche et de la prise du produit. La dépendance peut s’installer de façon brutale ou progressive, en fonction de l’individu et du produit consommé.

Rôle des professionnels de santé


Le médecin traitant, mais aussi les médecins et infirmiers de l’Education nationale et les médecins du travail ont un rôle important à jouer de repérage, de prévention et d’orientation si nécessaire vers d’autres professionnels ou vers des structures spécialisées.

Les médecins généralistes occupent également une place centrale dans la prescription des traitements de substitution (traitement à la buprénorphine haut dosage). Ils peuvent également prolonger la prescription de méthadone après initiation du traitement dans un centre spécialisé (CSAPA), à l’hôpital ou en milieu pénitentiaire.

Les réseaux de professionnels de santé

Des réseaux de santé spécialisés sur l’addiction ont été créés. Il s’agit d’un ensemble de professionnels de différentes spécialités (pharmaciens, médecins hospitaliers, généralistes, assistantes sociales, etc.) qui se regroupent afin d’échanger, de progresser sur la problématique de l’addiction (toxicomanie, alcool, médicaments) ; l’objectif visé étant d’améliorer la prise en charge des patients dépendants à une drogue ou à l’alcool.

Dispositif spécialisé de prévention et de soins


De nombreux établissements de soins spécialisés existent et proposent d'accompagner, de soigner le consommateur et, selon les cas et l'établissement, son entourage.
Ces structures, réparties sur tout le territoire, garantissent une prise en charge gratuite et anonyme. Conseils et soins peuvent être donnés à tous ceux qui en font la demande.

  • Les Centres de Soins d’Accompagnement et de Prévention en Addictologie (CSAPA) sont des structures résultant du regroupement des services spécialisés pour l’alcool (Centres de Cure Ambulatoire en Alcoologie ou CCAA) et pour les drogues (Centres de Soins Spécialisés pour Toxicomanes ou CSST), prévu par le décret du 14 mai 2007.

    Ces Centres accueillent gratuitement et en respectant l'anonymat, toute personne souffrant d'une dépendance.
    Ces organismes proposent une grande diversité de prestations :
    - de l’information, une évaluation médicale, psychologique et sociale, une orientation ;
    - des conseils et la mise à disposition de matériel pour prévenir les infections ;
    - une prise en charge médicale, psychologique, sociale et éducative.

    Coordonnées des CSAPA
  • Les consultations jeunes consommateurs de cannabis et autres produits psychoactifs. Elles sont anonymes et gratuites et largement ouvertes aux parents. L’accueil est assuré par un médecin, un psychologue, une infirmière ou un éducateur exerçant au sein d’une équipe pluridisciplinaire.
    Ces consultations offrent une évaluation de la consommation, des conseils et des informations adaptés à la situation de chacun, une prise en charge brève pour les consommateurs qui le nécessitent, et le cas échéant une orientation vers des structures de soins plus adaptées (CSAPA ou hôpital).

    Coordonnées des Consultations jeunes consommateurs
  • Les services téléphoniques spécialisés de Addictions Drogues Alcool Info Service (ADALIS) proposent un accueil, une écoute, des informations, des conseils et aident à trouver des lieux d’accueil compétents.

    ADALIS
  • Les centres de soins spécialisés pour toxicomanes en milieu pénitentiaire coordonnent les actions de prévention et de soins, notamment les traitements de substitution, en faveur des usagers de drogues détenus et préparent leur sortie en liaison avec des institutions extérieures.

Dispositif spécialisé hospitalier


Les structures hospitalières tendent à mettre en place une organisation qui s’appuie sur trois niveaux : de proximité, de recours, de référence. Cette organisation des structures sanitaires en 3 niveaux a pour objectif de proposer une offre de soins au plus près de la population et ajustée à la complexité des soins parfois requis avec un meilleur maillage territorial.

- Le niveau de proximité (niveau 1) comprend :

  • une consultation hospitalière d’addictologie sans hébergement qui regroupe notamment les consultations de tabacologie, d’alcoologie, de toxicomanie et d’addiction
  • une équipe hospitalière de liaison en addictologie entre les différents services et pour l’accueil des usagers de drogue aux urgences.

- Le niveau de recours (niveau 2) est constitué par des services d'hospitalisation bénéficiant de personnels formés à l’addictologie et proposant des prises en charge spécifiques. Elles accueillent des patients dont l’état de santé nécessite une prise en charge spécialisée en hospitalisation. Ils proposent, en complément de la consultation et de l'équipe de liaison du niveau de proximité, un hôpital de jour, des hospitalisations complètes pour sevrage simple (séjour d’environ 7 jours) ou complexe (séjour prolongé).

- Le niveau de référence (niveau 3) est constitué par des pôles hospitalo-universitaires d’addictologie.

D’autres services hospitaliers non spécialisés en addictologie tels que les services de psychiatrie (patients ayant un double diagnostic) ou les services de médecine interne ou d’infectiologie (patients séropositifs pour le VIH ou le VHC) participent aux soins délivrés aux personnes toxicomanes.

Hébergement


Des centres de soins sont proposés pour accompagner la sortie de la toxicomanie.  
Les hébergements sont organisés selon le projet et la situation individuels :

  • Les Centres Thérapeutiques Résidentiels (CTR) ou centres de postcure sont des lieux de vie accueillant des personnes sevrées ou sous traitement de substitution pour une période de trois mois à un an maximum. Le séjour doit permettre, pour un groupe de 8 à 15 personnes, la consolidation de la rupture avec l'usage de produits, la restauration de l'équilibre personnel et l'insertion professionnelle des résidents ;
  • Les réseaux de famille d'accueil s'adressent à des toxicomanes qui, à la suite d'un sevrage physique, éprouvent le besoin d'une séparation avec leur environnement habituel ;
  • Les réseaux d'appartements thérapeutiques relais permettent aux toxicomanes sevrés ou sous traitement de substitution d'acquérir une plus grande autonomie tant sur le plan sanitaire que social ;
  • Les Communautés thérapeutiques sont des lieux de soin avec un hébergement collectif. Ces communautés se définissent comme des structures qui s’adressent à un public de consommateurs dépendants à une ou plusieurs substances psychoactives, dans un but d’abstinence, avec la spécificité de placer le groupe au cœur du projet thérapeutique et d’insertion sociale. Elles proposent un hébergement long (1 an, pouvant être prolongé jusqu’à 2 ans) et une prise en charge thérapeutique incluant l’approche communautaire, cognitivo-comportementale et l’influence des pairs.

Dispositif de réduction des risques (CAARUD)


La politique de réduction des risques en direction des usagers de drogue vise à prévenir la transmission des infections, la mortalité par surdose par injection de drogue intraveineuse et les dommages sociaux et psychologiques liés aux consommations de produits psychoactifs.

A partir de 1987 plusieurs mesures ont été prises pour favoriser l'accès au matériel d'injection stérile pour les usagers de drogues par voie intraveineuse, dans le but d'éviter la contamination par le virus du sida et celui de l'hépatite C (vente libre des seringues, programmes d'échange de seringues).
Dans le même temps se sont développés des lieux d'accueil où les usagers de drogues les plus en difficulté trouvent de l'aide, une écoute et des soins de première urgence ("boutiques" ou programmes ouverts pendant la journée et "sleep-in" ouverts la nuit).
Il existe aussi des programmes d'échange de seringues en "boutique" et dans les officines où on peut se procurer des kits (Stéribox) contenant un tampon alcoolisé, de l'eau pour diluer le produit et un récipient de chauffe, en échange du matériel d'injection déjà utilisé.

Les Centres d'Accueil et d'Accompagnement à la Réduction des Risques pour Usagers de Drogue (CAARRUD) sont issus de la loi du 9 août 2004 qui visait notamment à regrouper les dispositifs de réduction des risques (boutiques, bus, automates, « sleep in ») au sein de structures uniques. Ils peuvent être portés par des structures associatives ou des établissements publics de santé, sous réserve que ces derniers gèrent également un CSST.
Les CAARRUD s’adressent à des personnes qui ne sont pas encore engagées dans une démarche de soins ou à celles dont les modes de consommation ou les drogues consommées exposent à des risques majeurs (infections, notamment hépatite C, accidents, etc.). Une attention particulière est portée aux usagers les plus marginalisés.

Les différentes missions des CAARRUD s’articulent autour de :

  • l’accueil collectif et individuel, l'information et le conseil personnalisé pour usagers de drogues
  • l’accompagnement vers l'accès aux soins
  • le soutien dans l'accès aux droits, l'accès au logement et à l'insertion ou la réinsertion professionnelle
  • la mise à disposition de matériel de prévention des infections
  • l'intervention de proximité à l'extérieur du centre, en vue d'établir un contact avec les usagers

Coordonnées des CAARUD

Voir aussi

Ressources

Adresses


Outils pour vous aider :


Cadre légal


Numéros Verts


  • Drogues Info Service : 0 800 23 13 13
    gratuit depuis un poste fixe ou 01 70 23 13 13 (depuis un portable au prix d'une communication ordinaire)

  • Ecoute Cannabis : 0 811 91 20 20 
    Coût d'une communication locale depuis un poste fixe 7j/7 8h-20h

  • Fil Santé Jeunes : 32 24
    appel anonyme et gratuit depuis un poste fixe ou 01 44 93 30 74 (depuis un portable, coût d’une communication ordinaire)

  • SIDA Info Service : 0 800 840 800
    appel gratuit depuis un poste fixe

Sources


  • Drogues Info Services - INPES – HAS – MILDT - Pôle Ressources National médecine générale et conduites addictives